CCN Ballet de l’Opéra national du Rhin – Bruno Bouché

“ Les Ailes du Désir ”

Informations pratiques

Pièce pour l’ensemble de la compagnie
Inspiré du film de Wim Wenders
Chorégraphie Bruno Bouché
Dramaturgie musicale Jamie Man, Bruno Bouché
Musique Jamie Man, Jean Sibelius, Olivier Messiaen, Steve Reich, Einstürzende Neubauten, Jean-Sébastien Bach, John Adams, Antony and the Johnsons
Piano Bruno Anguera Garcia
Dramaturgie Christian Longchamp
Scénographie Aurélie Maestre
Assistante scénographie Clara Cohen
Costumes Thibaut Welchlin
Lumières David Debrinay
Vidéo Étienne Guiol
Accompagnement artistique Suspension Fabrice Guillot

Ballet pour 32 danseurs – Durée : 1h50

DER HIMMEL .BER BERLIN
Le film Les Ailes du Désir (titre original allemand Der Himmel über Berlin) est sorti dans les cinémas en 1987 et reçoit la Palme d’Or à Cannes. Il a été adapté pour la scène en 2003 au Royaume-Uni et a connu sa première et jusqu’à présent seule adaptation chorégraphique en 2008 par Nacho Duato pour la Compania Nacional de Danza à Madrid. Les Ailes du Désir a marqué le « homecoming » de Wenders et a été son premier film allemand après huit ans aux États-Unis. Les personnages principaux sont des anges gardiens — des êtres bienveillants et invisibles en trench coat — qui écoutent les pensées des mortels et tentent de les réconforter. L’un d’eux, Damiel (Bruno Ganz), souhaite devenir humain après être tombé amoureux de la belle trapéziste Marion (Solveig Dommartin). Peter Falk, joué par lui-même, l’aide pendant sa transformation, en l’introduisant aux petits plaisirs de la vie. Le film est raconté du point de vue des anges, qui voient le monde en noir et blanc. Ce n’est que lorsque Damiel devient humain que le monde des couleurs se révèle à lui. Il laisse derrière lui son vieil ami Cassiel (Otto Sander), qui continue d’être accompagné par Homer (Curt Bois), le « conteur de l’humanité ». Le film a atteint un statut culte dans le monde entier ; en 1998, il a donné lieu à un « remake » sous le titre City of Angels, qui met en vedette Nicolas Cage et Meg Ryan dans les rôles principaux.

Qu’est-ce qu’un ange, sinon cet invisible qui nous recueille quand la brutalité des hommes nous menace ? Christian Bobin


NOTES D’INTENTION DE BRUNO BOUCHÉ
« Si on supporte l’étrange prétention de ce jeu, c’est que, parfois, un ange le dérange un peu. » Rainer Maria Rilke. Le désir d’imaginer une pièce chorégraphique à partir du film Der Himmel über Berlin du réalisateur Wim Wenders, m’est apparu il y a longtemps déjà. J’ai vu Les Ailes du Désir pour la première fois il doit y avoir plus de 20 ans, dans un petit cinéma du Quartier Latin à Paris. Je l’ai revu plus récemment et le bouleversement interne qu’il me procure est resté intact, si ce n’est qu’il me semble encore plus vibrant aujourd’hui.
J’ai passé l’essentiel de ma carrière de danseur au sein du Ballet de l’Opéra national de Paris. J’y ai rencontré Pina Bausch lors de l’entrée au répertoire de son Sacre du Printemps. J’avais juste 18 ans, je sortais de l’École de danse de l’Opéra, je connaissais peu son oeuvre mais Pina m’a choisi… Ce fut un choc, une révélation et la révélation à moi-même que mon métier pouvait me permettre de traduire ces émotions qui étaient très loin de l’essentiel de ma formation de danseur classique. La rencontre avec Pina a ouvert mon regard, et davantage mon coeur sur le vaste monde chorégraphique et, au-delà, m’a transmis un certain goût de vivre.
Aujourd’hui j’ai le privilège d’être directeur artistique du Ballet de l’Opéra national du Rhin depuis quatre saisons maintenant. Cette compagnie réunit 32 danseurs avec lesquels j’imagine un projet de création d’un « Ballet Européen au xxie siècle ». Il ne m’est pas aisé de traduire en mots mon désir de mettre en scène et en mouvement Les Ailes du Désir. Je ressens que la danse offre une énergie, une vibration particulière à toutes ces sensations, ce goût, cette force de vie, cet étonnement quotidien que vit l’humain. Le souffle, la suspension, l’élan, la chute, la chair, le toucher, le saut, la terre… Je souhaiterais que la danse rende hommage à ce film précieux, donne corps à sa puissance poétique.

Synopsis

ACTE I – CONTEMPLATION

PRÉAMBULE : LE BRUIT DES CHOSES DITES
La Crasse et l’Extase
« Le mot n’existe que de faire corps avec une scène dans laquelle il surgit comme un cri, murmure, commandement, récit (…) »
Michel Foucault

SCÈNE 1 : LA COHORTE DES ANGES
Part I – La bibliothèque
Part II – Le passage
« Les anges ne sauraient souvent (dit-on) s’ils vont parmi les morts ou les vivants. Le flux éternel emporte par ces deux royaumes tous les âges. » Rainer Maria Rilke

SCÈNE 2 : SHIBUYA
« Hérisser l’espace (…) le peupler du plus grand nombre de différences possibles. » Michel Foucault

SCÈNE 3 : UN ANGE PASSE
« Et qui, si je criais, m’entendrait parmi les cohortes des anges ? »
Rainer Maria Rilke

SCÈNE 4 : LES ANGES DÉCHUS
« Tout ange est effrayant. » Rainer Maria Rilke
« Nul ne chante plus purement que ceux qui sont au plus profond de l’enfer ; ce que nous prenons pour le chant des anges est le leur. »
– Franz Kafka, Lettre à Milena, 26 août 1920

SCÈNE 5 : POTSDAMER PLATZ
« Étrange de ne plus désirer que désirer perdure, étrange de voir ainsi que tout ce qui se rattachait, librement vole de ci de là, dans l’espace sans lien. » Rainer Maria Rilke

SCÈNE 6 : S’AIMER EN MIROIR
« Et, en supposant que l’un me prenne sur son coeur. » Rainer Maria Rilke


ACTE II – EXALTATION

SCÈNE 1 : FOREST OF ANGELS
« Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être sont des racines, buvant les cieux (…) Pour eux, la terre, n’est-elle point transparente en face d’un ciel, plein comme un corps ? » Rainer Maria Rilke

SCÈNE 2 : DÉSIRER VIVRE
« Ce ne sont pas les positions qui désormais déterminent les identités, ce sont les trajectoires ». Michel Foucault

SCÈNE 3 : UNE AILE
« Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation, et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre. » Stig Dagerman


LE BALLET DE L’OPÉRA
Le Ballet de l’OnR réunit à Mulhouse trente-deux danseurs de formation académique venus du monde entier, sélectionnés pour leur polyvalence. Dirigé par Bruno Bouché depuis 2017, le Ballet s’appuie sur un rayonnement international unique, construit par cinquante ans de collaboration avec les grandes figures de la chorégraphie classique et contemporaine, ainsi qu’un engagement profond auprès des publics sur l’ensemble du territoire régional allant des raretés baroques au contemporain, en passant par des grandes pièces classiques et leurs relectures iconoclastes.
Avec cette programmation exigeante sur le plan artistique mais accessible à tous les âges, le Ballet contribue à partager le goût de la danse auprès de publics qu’il souhaite toujours plus nombreux et qu’il accompagne avec des matinées scolaires, des actions de sensibilisation (« Avec mon cous(s)in » et « Mercredi découverte ») et de médiation (« L’Université de la danse », « Coulisses studio » et « Répétitions publiques »). Par ailleurs, le dispositif Accueil Studio, mis en place par le ministère de la Culture auprès des CCN depuis 1998, permet au Ballet de soutenir les créations de compagnies indépendantes.

UN BALLET EUROPÉEN DU XXIème SIÈCLE
Sous l’impulsion de Bruno Bouché, le Ballet de l’OnR diversifie ses horizons artistiques. Situé au carrefour de l’Europe, il explore des dramaturgies et des sujets inédits, en prise avec le monde d’aujourd’hui. La programmation de formes nouvelles et de pièces portées par de jeunes danseurs-chorégraphes contribue à faire bouger les frontières de la danse pour faire dialoguer interprètes et chorégraphes, artistes et spectateurs, tradition et prise de risque, modernité et renouveau.

BRUNO BOUCHÉ
Il entre à l’école de Danse de l’Opéra national de Paris en 1989, et est nommé Sujet en 2002. De 1999 à 2017, il dirige la compagnie Incidence Chorégraphique, qui produit les créations de danseurs du Ballet de l’Opéra national de Paris et d’artistes indépendants. Il signe des chorégraphies depuis 2003, dont Elégie, Nous ne cesserons pas, From the Human Body. Il crée SOI-Ătman et Music for Pieces of Wood pour l’Opéra national de Paris en 2013, Yourodivy en 2014, Amores 4 et Dance Musique 3-2-1 en 2015, Undoing World en 2017. Il collabore avec JR pour son film Les Bosquets, ainsi que pour un shooting sur les toits de l’Opéra Garnier. Il crée Between light and nowhere au Suzanne Dellal Center de Tel Aviv. En 2013, il prend la direction artistique du festival Les Synodales à Sens et du concours chorégraphique contemporain jeunes compagnies. En 2014 – 2015, il mène le projet Dix mois d’école et d’Opéra et crée Ça manque d’amour. En 2015, il crée pour le Leipziger Ballett Ce(eux) qui rend(ent) les gens heureux. Il règle la chorégraphie des mises en scène de Clément Hervieu Léger : Monsieur de Pourceaugnac avec William Christie et les Arts Florissant et Une dernière soirée de Carnaval (Théâtre les Bouffes du Nord). Pendant la saison 2015 – 2016, il prend part à l’Académie de Chorégraphie au sein de l’Opéra national de Paris (direction Benjamin Millepied). Il prend la direction du CCN • Ballet de l’OnR en septembre 2017, et est renouvelé pour un second mandat en 2020. Il reçoit le Grand Prix de la critique de la personnalité chorégraphique de l’année 2018. Il créé Fireflies en 2018, et 40D en hommage à Eva Kleinitz en 2019.